Thématique de l’observation

Albi et l ses alentours (60 km)
Albi et les alentours (60 km)

En 2014, la Ville d’Albi s’est fixée pour objectif d’atteindre l’autosuffisance alimentaire à l’horizon 2020. La finalité de ce projet est l’approvisionnement des ressources alimentaires pour l’ensemble des albigeois dans un rayon de 60 km. L’autonomie alimentaire se définit comme la capacité d’un territoire donné à produire les ressources alimentaires nécessaires pour subvenir aux besoins de la population qui le compose.
La finalité est de promouvoir les circuits courts privilégiant une alimentation avec des produits locaux de meilleure qualité et provenant d’une agriculture plus respectueuse des ressources environnementales.

¬ Cette autosuffisance vise à permettre :
> la réduction des émissions de gaz à effet de serre liées au transport de marchandises ;
> la sécurisation des approvisionnements alimentaires en cas de crise.

¬ L’autosuffisance alimentaire est une démarche qui se construit au fil du temps avec différents partenaires.

La Ville d’Albi travaille avec :

Qui

> les Incroyables Comestibles : association qui développe les jardins partagés en ville. Ces potagers permettent à ceux qui le souhaitent de venir jardiner et/ou récolter gratuitement les fruits et légumes cultivés ;
> les maraîchers installés sur la Z.A.D. de Canavières ainsi que le lycée de Fonlabour sont des partenaires essentiels pour le développement de la culture maraîchère et des circuits courts de proximité ;
> les parents d’élèves sont également partie prenante dans ce projet d’autosuffisance alimentaire, certains étant porteurs de projets notamment à l’école Mazicou où un jardin partagé devrait bientôt voir le jour ;
> les conseils de quartiers, instance de participation citoyenne ancrée sur le territoire, qui permettent de récolter l’avis des albigeois à propos des projets envisagés. Ainsi, le jardin solidaire qui devrait s’installer prochainement sur le quartier de Rayssac a été retenu après validation du conseil de quartier.

¬ Les espaces publics
Parmi les idées développées, figure l’utilisation de l’espace public. Il s’agit de changer l’usage d’un espace public en lui apportant un caractère nourricier tout en préservant sa nature esthétique.
> L’idée consiste alors à développer de manière maîtrisée des jardins partagés sur des espaces urbains qui le permettent.
> Le service Parcs, Jardins et Espaces Naturels de la ville d’Albi accompagne l’émergence de nombreux potagers à divers endroits (voir carte) qui correspondent à un investissement citoyen de la part de nombreux albigeois.

¬ Cette démarche doit permettre
> de favoriser l’accessibilité au jardinage à l’ensemble de la population ;
> de sensibiliser sur l’importance du respect des ressources environnementales.
> de faire profiter les albigeois du fruit de la récolte de ces jardins, en créant des moments d’échange et de partage.

« L’agriculture urbaine génère ainsi l’approvisionnement gratuit en fruits et légumes pour une partie de la population, en favorisant la création du lien social. »

> Cette initiative devrait également entraîner une remise en question des citoyens sur leurs habitudes de consommation, avec le pari à terme d’une augmentation des achats de produits locaux.
> Des jardins partagés existent déjà à Albi sur les quartiers de Rayssac, au cloître Saint Salvy, rue des Amandiers et à la faculté Jean-François Champollion.

¬ Les espaces privés
La reconquête de certains espaces privés non utilisés est également une idée qui tend à se développer.
La création d’une plateforme informatique qui permettrait de mettre en relation des propriétaires de terrains avec des personnes qui souhaiteraient trouver un espace de jardinage est aujourd’hui en cours de réflexion.

¬ La zone de Canavières
Historiquement, cette grande zone de plus de 70 hectares était destinée au maraîchage. Pour faciliter l’installation d’agriculteurs et ainsi lui redonner sa vocation première, la ville rachète progressivement les terrains de cette zone pour les proposer à la location. À ce jour, la ville a racheté environ 10 hectares de la zone de Canavières et 4 maraîchers y produisent déjà fruits et légumes. Seules exigences pour ces maraîchers installés à Canavières :
> une agriculture biologique ;
> la vente de leurs produits dans un rayon de 20 km afin d’encourager le développement de circuits courts de proximité.

¬ Le lycée Fonlabour
Le Lycée d’Enseignement Général, Technologique et Professionnel Agricole d’Albi-Fonlabour est le principal établissement public d’enseignement et de formation professionnelle agricole du département.
Il dispose de 2 hectares de terrains agricoles et souhaite développer un « projet territorial d’autosuffisance alimentaire » avec son Centre de Formation Professionnelle et de Promotion Agricole pour Adultes (C.F.P.P.A.A). Le lycée s’est ainsi engagé, sur les parcelles qu’il exploite, à créer une légumerie collective pour développer une agriculture de proximité. De son côté, la ville s’est engagée à réserver un emplacement sur les marchés, afin de permettre aux maraîchers de commercialiser leur production.