Thématique de l’entretien

« Rénovation et mise aux normes des flux dans l’habitat médiéval ». Bricolage, normes, confort.

Plan de situation géographique de la maison de Mr Jacques Y., 2017.
Plan de situation géographique de la maison de Mr Jacques Y., 2017. Crédit : Duffau Associés.

{…} À l’époque, le pigeonnier était un marqueur social et
servait principalement à produire de l’engrais.

Une ancienne ferme sur le Causse. Illustration encyclopédie de Viollet le Duc.
Une ancienne ferme sur le Causse – Illustration encyclopédie de Viollet le Duc.

Monsieur Jacques Y. est propriétaire d’une ferme sur le Causse (plateau de calcaire) depuis 1979-80 (17 ans), il en fait l’acquisition quand il habite en Afrique pour des raisons professionnelles, il fait faire les travaux à distance, les travaux sont longs puisqu’il n’est pas pressé et que la communication entre Caylus et l’Afrique est difficile. Cette ferme est abandonnée en 1940, après l’écroulement d’un mur, dû au non entretien de la pierre sèche en mouvement. La propriété contient trois bâtiments : une habitation principale (principalement utilisée pour l’activité agricole à l’époque, la vie se faisait dans seulement 2 pièces), un pigeonnier et une bergerie. À l’époque, le pigeonnier était un marqueur social et servait principalement à produire de l’engrais. Les bâtisses ont été construites en plusieurs étapes, sur plusieurs années, mais la seule date présente sur le devant de la maison est 1789.

Vue extérieure de chez Mr Jacques Y., janvier 2017 – Crédit photographique : Théo Lacroix.

Monsieur Jacques Y. avait le désir de garder au maximum l’extérieur d’époque, (il n’a pas pu conserver un toit ancien pour des raisons d’imperméabilité). Pendant la rénovation, des travaux de taille et de récupération de pierres ont été réalisés, afin de remplacer les pierres absentes ou détériorées. Il fait faire le gros-oeuvre lorsqu’il est en Afrique. Une fois qu’il décide de venir vivre à Caylus, il fait faire le second-oeuvre en étant sur place, cette fois-ci par une entreprise générale, afin d’éviter les problèmes de coordination entre différentes entreprises.

Les petits travaux tel que le chauffage, l’eau, l’organisation des pièces se font à son arrivée, parce qu’il ne savait pas à l’avance le style de vie qu’il allait mener. Monsieur Jacques Y. a gardé la cheminée d’époque, mais à l’intérieur il a mis un poêle à gaz (il a aussi en supplément le chauffage central). Il a reçu une aide financière pour l’installation de la citerne à gaz à micro-ventouses (chaudière dont la sortie se fait dans les murs et non dans les toitures), parce que c’est un système de chauffage plus écologique. Il nous explique aussi que dans la région il existe une aide pour la réfection des façades.

Sa maison n’est pas inscrite au patrimoine historique et il en est soulagé, car cela amène trop de contraintes. Il nous explique qu’habiter dans une vieille bâtisse exige de faire des concessions notamment sur la fonctionnalité et que ce ne sont pas des habitats écologiques (chauffage par exemple).

Studio photo, chez M. Jacques Y., janvier 2017.
Studio photo, chez M. Jacques Y., janvier 2017. Crédit photographique : Théo Lacroix.
Pigeonnier, chez M. Jacques Y., janvier 2017
Pigeonnier, chez M. Jacques Y., janvier 2017. Crédit photographique : Théo Lacroix.
Pierre gravée sur la maison du voisin de M. Jacques Y.
Pierre gravée sur la maison du voisin de M. Jacques Y., janvier 2017. Crédit photographique : Théo Lacroix.

Aujourd’hui Monsieur Jacques Y. utilise le bâtiment principal comme habitation, le premier étage de la bergerie comme atelier, le deuxième comme studio photo et le pigeonnier comme débarras. Sa femme a transformé le jardin en roseraie, 400 roses différentes, une prouesse sur un terrain tel que le Causse. Concernant la connexion Internet difficile à avoir, Monsieur Jacques Y. parle d’une « guerre d’internet », de ces régions dégroupées qui n’avaient pas accès au réseau, ignorées par les opérateurs. Lui et d’autres personnes concernées ont fait paraître des articles dans les journaux pour se faire entendre. En attendant, avec son voisin, ils ont partagé une parabole. L’accès à Internet par la suite n’a pas modifié l’espace de son habitat, mais plutôt ses habitudes de vies.

Histoires relatives à Caylus

Ancien puits, chez M. Jacques Y., janvier 2017.
Ancien puits, chez M. Jacques Y., janvier 2017. Crédit photographique : Théo Lacroix.

Caylus est un ancien village construit autour d’un château et d’une église, à l’origine ceinturé par un mur d’enceinte. Le village a fortement évolué en 30 ans. En 17 ans, M. Y. a vu certains changements. Avant, le patois était très pratiqué, la vie d’antan était plus présente. Il y a eu un moment, où beaucoup d’anglais ont racheté des propriétés. Aujourd’hui, à peu près 50% des habitants sont des personnes qui ne sont pas originaires de Caylus ; ce changement a permis une sorte de sauvetage du village.
À l’époque, les fermiers du Causse avaient une propriété dans le village et vendaient leur production dans le centre du village. Sur le Causse, il n’y avait pas d’eau, il fallait marcher pendant 1 heure pour aller jusqu’à l’Aveyron à St-Antonin pour prendre de l’eau. Les habitations étaient modulées en fonction du travail. À l’époque, le patrimoine c’était les terres et non le bâti, du coup les habitants laissaient leur maison se détériorer, mais il était hors de question de délaisser les terres. À cette époque, le chauffage était le cantou, En occitan les termes cantóu ou contóu désignent un coin, un recoin, un morceau, un lopin et par extension, « le coin du feu ».

Petit plus

Les premières toilettes de Caylus sont encore visibles dans le pigeonnier du château.

Le 03/01/2017
Entretien effectué par : Théo Lacroix, Marie Maganuco, Hanin Salama et Aurélie Perderizet. (isdaT, design)