La non-visualisation de nos visages

est un acte de démarcation par rapport aux pratiques actuelles visant souvent à mettre les créateurs comme des biens marchands ou à l’égal des marques et ainsi à les inclure dans des systèmes de Branding. Cela n’implique pas l’anonymat absolu, nos activités ne sont pas illégales, nous souhaitons soutenir notre engagement dans la culture du projet et valoriser notre travail comme beaucoup d’autres créateurs, nous communiquerons notre travail, nos réflexions afin de développer une économie de la connaissance libre et commune à tous.

Contribuer à une société du partage de la connaissance, c’est réfléchir à une distinction éthique et citoyenne entre invention et connaissance, distinction qui préserve la créativité des connaissances humaines. C’est aussi contribuer à la définition de la connaissance comme bien commun. Dans un processus démocratique, cette contribution se fait par recherche, expérimentation et tâtonnement.

Nos pratiques professionnelles, que ce soit en design ou en architecture, doivent se fonder sur cette hypothèse dès qu’elles cherchent à créer de nouveaux objets ou de nouveaux espaces de vie. Espaces de vie qui doivent donc toujours permettre au minimum la création et le maintien des liens sociaux non marchands. La croissance économique est limitée et n’est pas une fin en soi. Nos pratiques doivent s’attacher à créer de nouveaux objets tournés vers la qualité et la sobriété quantitative, valorisant l’autonomie des individus et des collectivités plutôt que la dépendance au marché mondialisé. Pour cela, nos pratiques doivent s’appuyer sur une analyse de l’usage des biens et des lieux ainsi que des rapports que leur production et leur consommation entretiennent avec l’écosystème plutôt que sur une analyse de leur rentabilité économique attendue. Ces pratiques intégreront alors la parole des usagers dans le processus de création.