Migration record vers la Haute-Garonne

Entre 2001 et 2006, 153 000 personnes, âgées de 5 ans et plus, sont venues s’installer en Haute-Garonne, en provenance d’autres départements. Dans le même temps, 114 000 en sont parties. Le département gagne ainsi chaque année 73 habitants supplémentaires pour 10 000 résidents : c’est le taux de migration net. Parmi les départements de plus d’un million d’habitants, la Haute-Garonne détient le record, loin devant la Gironde (56 pour 10 000).

Toulouse est la plus attractive des grandes aires urbaines, avec 76 habitants supplémentaires par an pour 10 000 résidents, devant Rennes. Contrairement aux villes-centres des autres grandes aires urbaines, Toulouse est la seule qui gagne des habitants par le jeu des migrations. Comme dans les autres grandes aires urbaines, sa périphérie est beaucoup plus attractive que la ville-centre.

Toulouse attire les jeunes, une forte proportion de cadres et donc un vieillissement modéré de la population en Haute-Garonne.

1. La Haute-Garonne est le département le plus attractif de France  pour les élèves ou étudiants.

La Haute-Garonne est très attractive pour les 18-24 ans et en gagne ainsi 549 par an pour 10 000 jeunes résidents. C’est biensûr l’agglomération de Toulouse qui capte l’essentiel de cet afflux et 6 jeunes migrants sur 10 s’installent dans la ville-centre : le taux de migration net est de 910 pour 10 000 jeunes résidents.

2. À l’autre bout de la vie, le département perd, par le jeu des migrations, des personnes âgées de 60 à 74 ans.

Les seules catégories socioprofessionnelles plus nombreuses à quitter le département qu’à s’y installer sont les agriculteurs, les artisans et les commerçants. Toutes les autres professions arrivent plus nombreuses, notamment en banlieue toulousaine, et surtout dans la couronne périurbaine.

3. Des modes de vie qui ne peuvent s’appréhender qu’au regard de phénomènes qui structurent les dynamiques sociales :

– L’avènement d’une société d’individus (après la société de masse) : entrée dans une ère d’hyper individuation (avoir un projet personnel, réussir sa vie) avec pour effet une individualisation des aspirations et des parcours.
– La généralisation de la mobilité individuelle (en particulier par l’accès généralisé à l’automobilité) avec pour effet la maîtrise et le choix de ses déplacements. Du fait de l’augmentation du prix de l’énergie (fossile non renouvelable) et des nouvelles exigences de protection de la planète, des régulations à venir ? Vers une gestion plus économe de la mobilité (par une rationalisation des déplacements individuels et le développement des transports en commun) ?
– La transformation des systèmes relationnels et des sociabilités (plus grande « horizontalité », liens plus nombreux, mais plus faibles, exonérés, par la généralisation des TIC, de la nécessité de la coprésence physique et de la proximité).
– La montée des incertitudes qui construit un contexte général d’insécurisation sociale et de moindre prévisibilité des destinées. Corrélativement, elle aboutit à la recherche de nouvelles formes de réassurance et de protection sociale.

4. Des modes de vie marqués par une plus grande complexité, une moindre stabilité des parcours de vie :

– Une complexification du cycle de vie des ménages caractérisée par la succession d’un plus grand nombre de séquences de vie.
En raison de l’introduction de nouveaux temps dans la vie : exemple de ce temps dit de « l’adulescence » qui caractérise l’étirement du passage de l’adolescence à l’âge adulte.
En raison du développement de la divortialité et des séparations qui peut se traduire pour un même individu par plusieurs «mises en couple» successives, assorties ou non d’une cohabitation, une alternance de «temps en couple» et de « temps en solo », la recomposition de la famille.