Observer et cartographier. Crédit image Duffau Associés
Observer et cartographier. Crédit image Duffau &Associés

Méthodologie

La méthodologie tire avantage du principe systémique. Elle aborde, définit, transmet, explique, enseigne un objet, un sujet délimité, par la caractérisation claire des échanges avec son environnement. Elle s’éloigne des dérives anciennes, pédantes, absconses perdant les personnes en définitions des parties avant d’avoir positionné les fonctionnalités et les projets du tout. Elle est un système (du grec ancien systema), un ensemble organisé dans une approche globale, holistique qui permet plusieurs niveaux d’organisation, de prise en compte de différentes dimensions à partir des relations et interactions des différents points identifiés. Loin donc de tous processus (process) étant une suite continue de faits, de phénomènes présentant une certaine unité ou une certaine régularité dans le déroulement, généralement utilisé dans l’ère industrielle. Nous nous écarterons des projets (architecture, design, etc…) utilisant le processus comme méthodologie.  Il ne s’agit pas d’aller du point A au point B comme une ligne droite croissante, mais d’identifier les futurs possibles à travers des protocoles de travail et des collaborations diverses. Il s’agit de sortir du «petit bureau des méthodes», comme l’écrit Sandrine Lasserre : «À suivre le fil que déroule Danièle Linhart, tout part d’abord d’une individualisation méthodique de la gestion des salariés et de leur organisation de travail : depuis les horaires à la carte jusqu’à la distinction des primes, voire même des salaires, il s’agit, sans le dire, de désarticuler les collectifs identifiés comme à la source des contestations et de la résistance […], alors qu’il est pris dans des situations fluctuantes, le sujet se voit acculé à «se transformer  en petit bureau du temps et des méthodes». C’est-à-dire qu’il lui incombe désormais de penser systématiquement aux solutions les plus rentables pour envisager le travail qu’il a à faire. C’est-à-dire encore qu’il devient seul responsable du temps qu’il met pour faire les choses en lien avec le prix que cela coûte, dans une logique d’efficacité maximale continue.» (voir publication)

Cartographie à partir d’un observatoire urbain

Partir du réel

S’en saisir, pour cartographier à travers des actions de recherches moins centralisées, moins formalisées, plus légères, des laboratoires éphémères, quitte à laisser un certain flou dans les principes organisationnels, pouvant faire place à une plus grande liberté. Le réel peut être saisi par plusieurs moyens : entretiens, discussions, photographier, filmer, écrire, etc… c’est parce que l’on multiplie les paroles et les échanges, les mesures, que l’on cartographie des réalités diverses.

Travailler dans un tiers-lieu

Le tiers-lieu est «un espace qui n’est ni tout à fait un domicile, ni tout à fait un lieu de travail, un lieu hybride qui présente les caractéristiques des deux univers et où se fabriquent et s’assemblent des connaissances». (Ray Oldenburg) Mailler les relations entre les habitants d’un lieu et les savoir-faire, les industries, PME locales, pour mettre en place le lien entre les différents éléments à travers les projets. Créer des «chaînes» de production autres que celles de l’industrie où la place du travail est définie et redéfinie en fonction des investissements, des outils de production, des compétences de chacun, etc… Plusieurs tiers-lieux, nous ont accueillis (fablab, makerspace, etc…), notamment le camion le Propulseur qui dispose d’un plateau modulable d’une surface de 60 m2 et propose un espace de prototypage composé de diverses machines à commandes numériques de science-animation à Toulouse.

Cartographier les observations – Identification de 3 points fondamentaux :

1- L’Homme : singularité.

Le rapport à la philosophie de la praxis ; en utilisant le mot philosophie, nous défendons un rapport à celle-ci, issu non pas de la discipline philosophique dans son acception de spécialité académique, réservée aux professionnels attitrés du concept et donc déracinée du réel, mais celle qui admet que les hommes soient tous à leur manière des philosophes par le rapport qu’ils entretiennent au travail effectif et à leur vision du monde. (Antonio Gramsci)

Identification des savoir-faire, des connaissances, compétences :

Capital incorporé d’une personne ou d’un groupe de personnes.

2- Les autres Hommes : histoire et rapport.

Le rapport de l’homme à la société et l’histoire, qui n’est pas un concept de la nature humaine universelle. Nous maintenons que l’individu est un homme singulier, par conséquent le rapport historique est individuel et singulier. «L’homme est un processus, précisément le processus de ses actes». De fait, «il faut concevoir l’homme comme une série de rapports actifs (un processus) où l’individualité a la plus grande importance, mais ce n’est pas le seul élément à considérer». (Antonio Gramsci)

Identification des actes, gestes et habitudes mis en relation et en tension avec :

Le Capital Culturel : (objectivé et institutionnalisé)

Les objets culturels (symboliques ou matériels) inscrits dans le social-historique des sujets ou des groupes support à la civile subjectivation et socialisation. Les objets culturels assurent comme tel une fonctionnalité essentielle dans la construction de la relation à soi, aux autres et à l’ensemble. Ils sont le support, le vecteur et forment des schèmes cognitifs et relationnels.  Nous les mettrons en relation ou en tension.

Le Capital symbolique

Il s’agit, pour une personne ou un groupe de personnes, de stylèmes qui représentent la corrélation fonctionnelle possible entre différents éléments censés définir un style et qui accordent à une personne ou un groupe de personnes un certain niveau de reconnaissance au sein de la société.

Le Capital social

À travers le réseau du Capital d’interconnaissance d’une personne ou d’un groupe de personnes, c’est-à-dire le réseau durable des relations et de liens.
À travers le réseau du Capital d’inter-reconnaissance d’une personne ou d’un groupe de personnes, c’est-à-dire l’engagement civique.

3- La Nature : L’environnement.

«Le troisième point fondamental est l’humanité qui se reflète dans l’individualité entre divers éléments : l’individu, les autres hommes, la nature. Mais les deux derniers éléments ne sont pas aussi simples qu’il y paraît. L’individu ne rentre pas en rapport avec les autres hommes par juxtaposition, mais organiquement, dans la mesure où il fait partie d’organismes allant des plus simples aux plus complexes». (Antonio Gramsci).

Identification de l’Environnement

Capital Naturel d’un lieu

C’est-à-dire les ressources naturelles, l’écosystème local (minéraux, plantes, animaux, air, eau) permettant la biosphère terrestre (production d’oxygène, de filtration de l’eau, de prévention, d’érosion…).

Capital infrastructurel

C’est-à-dire les réseaux nécessaires, directement ou indirectement, à l’économie d’un lieu, qui comprendront les flux : c’est-à-dire les services, données….